Jugez plutôt :
RÉGNIÉ 2008, médaille d'or au Concours Agricole de Paris 2009
JULIÉNAS 2007 Château des Capitans (un des phares de l'appellation)
MORGON 2009 sélection Georges Duboeuf
CÔTE DE BROUILLY 2009 sélection Georges Duboeuf
Quand on connaît la sûreté des jugements et les exigences de qualité de mon ami Georges, cette précision suffit ! Il m'a demandé de les goûter et d'essayer d'imaginer leurs entrées en scène au cours de jolis déjeuners ou dîners d'été. Il y a près de cinquante ans que j'aime me livrer à cette si agréable recherche mais comme deux jugements valent toujours mieux qu'un, j'ai invité ma fille Hélène, aussi gourmande que son père et qui s'est déjà fait - comme le temps passe vite ! - une solide réputation dans le journalisme du vin, à tester avec moi ces quatre si jolis flacons. Ce qui suit n'est que la retranscription à peu près fidèle, et dans notre ordre de dégustation, pas dans celui d'une hiérarchie des plaisirs, de nos enthousiasmes et de nos idées de mariage entre ces vins et les mets qu'ils nous suggéraient.
La robe brillante et intense du RÉGNIÉ, aux arômes de petits fruits noirs avec une touche de pêche de vigne, son attaque franche et harmonieuse en bouche, ronde et de bonne persistance, évoquent tout d'abord la joie. Celle de se retrouver entre vrais amis chez l'un d'eux, sous une tonnelle, sans cravate mais en fuyant aussi le débraillé. Ce serait l'un de ces soirs où le soleil se couche très tard, où la légère fraîcheur des promesses de la nuit qui vient reposerait des chaleurs du jour : la maîtresse de maison aurait préparé une de ces terrines dont tout le monde lui demande le secret et la recette ; le vin ferait à cette entrée bon enfant des sourires un rien canaille mais dans la limite des convenances. Puis viendrait un canard aux cerises : le sourire du Régnié serait toujours là mais il se ferait encore plus enjôleur, il afficherait sa joie d'épouser pour le meilleur (en aucun cas pour le pire !) cette accorte volaille. Suivraient les garçons d'honneur de ces heureuses épousailles : des fromages de chèvre à divers degrés d'affinage, et la demoiselle d'honneur, qui ne serait certes pas tarte, mais tarte tout de même puisqu'aux pêches, qui feraient chanter la note pêche de vigne du vin. Puis on plaisanterait, on chanterait peut-être, jusque tard dans la nuit enfin venue, en finissant lentement et raisonnablement les bouteilles...
Avec le JULIÉNAS, l'amitié serait toujours là, tout aussi profonde et réelle mais peut-être un petit peu moins débridée. Sa robe grenat, ses arômes de violette un peu réglissés, sa bouche opulente, exigeraient moins la douceur d'une nuit de juin. On serait rentrés à la maison, on aurait tendu une...